Conférence du 25 février 2016

à Bignoux

         A l'initiative de l'Association Nationale des retraités de la Poste et d'Orange de la Vienne, Françoise Casado (ADMD) et moi même pour les crématistes avons été invitées à présenter nos associations respectives, leurs buts, leurs missions. L'occasion de préciser l'état actuel de la législation en ce qui concerne la fin de vie et la crémation et le chemin à parcourir pour permettre à chaque individu de pouvoir faire , dans un climat d'apaisement, les choix personnels en ce qui concerne, non seulement sa vie mais aussi sa fin de vie et le déroulement de ses funérailles.


         Pour l'ADMD, Françoise Casado, rappelant que la France est seulement au 23 ème rang des pays pour le développement des soins palliatifs, a fait l’historique des différentes lois :


           - Celle de 2002 dite loi Kouchner qui définit les droits du malade et stipule que le médecin doit recueillir, avant tout traitement, l'accord éclairé de son patient. Cela implique, de la part du médecin, une information aussi précise et détaillée qu'il peut le faire, de l'état de santé du malade qui pourra ainsi se déterminer de façon éclairée. Ce texte condamne également tout acharnement thérapeutique.

           - La loi de 2005 dite loi Léonetti est la loi du laisser mourir qui prévoit que le patient peut demander l’arrêt de l'alimentation et de l'hydratation en phase finale de la vie.
                

              - Celle, enfin de 2016 qui ne répond en rien à la préoccupation d'un nombre grandissant de nos concitoyens d'obtenir une mort douce lorsqu'ils estiment que les conditions de leur survie ne répond plus à ce qu'il considèrent comme digne d'une existence humaine. Elle permet seulement une sédation profonde (anesthésie) jusqu'au décès, encore faut-il que le pronostic vital soit engagé à court terme (décision du médecin).


Rappelant les promesses du candidat Hollande (proposition n° 21) la déception n'en fut que plus grande. Si dans son 'article 1er la loi précise que «  Toute personne a droit à une fin de vie digne et accompagnée du meilleur apaisement possible de la souffrance » , et que « Les professionnels de santé doivent mettre en œuvre tous les moyens à leur disposition », la suite du texte qui finit par dire tout et son contraire, laisse la décision au seul médecin qui ne tiendra pas compte des directives anticipées en cas « d'urgence vitale » ou si elle lui «apparaissent manifestement inappropriées ou non conformes à la situation médicale ».
On voit là que la décision, forcément subjective, est laissée au seul médecin.
Une loi de ce type devrait, par ailleurs, prévoir une clause de conscience du médecin (comme pour l'avortement) ce qui permettrait de sortir d'une réalité où l'ambiguïté le partage à l'hypocrisie.

Pour F. Casado le choix d'une mort douce est, naturellement, une décision tout à fait personnelle qui ne s'impose à nul autre que soi même.Il ne faut pas baisser les bras et continuer de rédiger ses directives anticipées, pour que soient respectés nos choix de fin de vie, si nous sommes dans l'impossibilité d'exprimer notre volonté c'est à dire que nous ne soyons pas obligés de supporter une volonté médicale contraire à notre conception de la vie et de la fin de vie.


 

Georgette Desport souligne la volonté commune des 2 associations non seulement de permettre mais de faciliter la liberté de choix de tout citoyen concernant sa propre vie.

La crémation est une « vieille idée nouvelle » puisque dès le début de notre ère on trouve des traces de cette pratique funéraire. Elle rappelle que c'est Charlemagne qui en 789 a interdit ce mode de funérailles dans son empire.

           -1880 verra la naissance de la première « Société pour la propagation de la crémation ».

         - En 1887 sera promulguée la loi qui stipule que « tout majeur ou mineur émancipé en état de tester peut déterminer librement les conditions de ses funérailles, notamment en ce qui concerne le caractère civil ou religieux à leur donner et le mode de sépulture ».Ce sera aussi l'année de la création du premier crématorium du Père Lachaise.

Aujourd'hui les crématistes ont obtenu bien des avancées : la crémation est entrée dans les moeurs, les équipements se sont développés permettant un accès facile à ce mode d'obsèques, les cimetières se sont ouverts à tous les citoyens...l'action des crématistes serait-elle devenue inutile ? Hélas, le marché domine également le secteur funéraire, la crémation est dite un « secteur porteur » et les familles alors fragilisées sont des proies faciles pour les entreprises. Des divergences peuvent aussi apparaître parmi les membres de la famille, les décisions sont parfois difficiles à prendre quand le défunt n'a pas exprimé ses volontés

En décembre 2008, une loi sur le funéraire a été votée. Elle réduit la liberté des familles à disposer des cendres (traçabilité), mais la dispersion en pleine nature ou en mer a été confirmée, sans que soit nécessaire le recours à une entreprise pour cette opération, la famille peut disperser elle même les cendres ou se faire assister éventuellement par des amis ou l'Association Crématiste. C'est la personne habilitée à pourvoir aux funérailles qui assume la responsabilité du bon déroulement des obsèques.

G. Desport recommande de formuler par écrit ses volontés en matière de funérailles, de les déposer auprès de l'association, d'informer ses proches des dispositions prises en les invitant à se rapprocher de l'association lors du décès et cela avant tout contact avec le secteur marchand.

L'action en direction des pouvoirs publics a été évoquée. Les délégations que ceux-ci concèdent à des entreprises privées ne les exonèrent pas de leurs responsabilités.

La soixantaine de participants a manifesté l'intérêt de ces échanges par les questions nombreuses et pertinentes qu'ils ont formulées.


Merci à l'ANR pour cette initiative.




Les photos sont de Jacques LAMBERT

Georgette Desport